Côté salarié, une question revient souvent une fois le pourboire digital mis en place : faut-il déclarer ces sommes aux impôts, comme n'importe quel revenu ? La réponse dépend directement du dispositif d'exonération actuellement en vigueur, avec une limite précise à connaître.
Le principe : une exonération, pas une absence de déclaration
Pour les salariés dont la rémunération de base ne dépasse pas 1,6 fois le SMIC (2 916,85€ brut mensuel), les pourboires versés par carte bancaire sont exonérés d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales. Cette exonération est appliquée directement par l'employeur au moment de la déclaration sociale nominative (DSN) — le salarié n'a, dans ce cas, aucune démarche supplémentaire à effectuer de son côté.
Les pourboires versés par carte bancaire sont exonérés d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales pour les salariés dont la rémunération ne dépasse pas 1,6 SMIC, jusqu'au 31 décembre 2026.— BOSS — Bulletin officiel de la sécurité sociale
Et au-delà de ce seuil de rémunération ?
Pour un salarié dont la rémunération de base dépasse 1,6 SMIC, l'exonération spécifique ne s'applique pas, et les pourboires perçus suivent alors le régime fiscal classique des revenus complémentaires — à intégrer dans sa déclaration de revenus, en lien avec son employeur qui doit les faire figurer correctement dans ses bulletins de paie.
Le rôle de l'établissement dans cette mécanique
- C'est l'employeur qui applique l'exonération sur les bulletins de paie, pas le salarié qui doit la réclamer
- Le dispositif de pourboire digital doit permettre un export clair des sommes perçues par salarié, pour simplifier ce traitement
- Au-delà du seuil de 1,6 SMIC, l'employeur doit intégrer les pourboires comme un complément de rémunération classique
Ce qu'il faut retenir
Pour l'immense majorité des postes concernés en restauration, hôtellerie ou coiffure (rémunération inférieure à 1,6 SMIC), le pourboire par carte reste aujourd'hui un revenu net d'impôt et de charges, tant que la mesure reste en vigueur — sans aucune démarche de déclaration individuelle à effectuer. Cet article reste une information générale : pour un cas précis, l'avis d'un expert-comptable reste recommandé.
